lundi 10 février 2014

je dors

Depuis deux jours et deux nuits je dors dans ma demeure intérieure où le repos reconstruit l'émerveillement je dors.
J'ai laissé mes habits en tas 
sur le sol posé mon sac 
portable déconnecté 
je dors.

Je dors et parfois je devine le jour derrière mes paupières fermées. Je n'ouvre pas les yeux. Je dors.
Je dors et parfois je me réveille au milieu de la nuit c'est le jour de l'autre côté du monde affairé. Je regarde l'heure et me retourne. Je dors.

Depuis deux jours et deux nuits je dors. 
L'heure de mon réveil comme celle de mon lever n'appartient qu'à mon corps.
Pour le moment je dors.
Belle au bois dormant moderne je dors 
fatiguée par la vie que l'on se fait je dors 
sans aucune envie d'être réveillée je dors.

Avant d'entreprendre quoique ce soit, je dors.

mercredi 29 janvier 2014

Lecture

Le bonheur de trouver ce livre par hasard un samedi dans une petite bibliothèque, de savoir qu'on peut trouver ce genre de livres de poésie dans une annexe de quartier en pied d'immeuble un après-midi de novembre.
La langue simple de Marie Huot tisse des images qui résonnent longtemps en nous comme « cet arbre d'inquiétude qui agite ses branches / à l'intérieur de nos corps ». C'est l'amour qu'elle explore poèmes après poèmes, mais ici rien de lyrique ou de déclamatoire, non, il s'agit de l'amour dit très simplement avec la sémantique de la forêt, du végétal et du monde animal, et «Il y en a pour toutes nos bouches / nos goûts la nature. ». 

vendredi 24 janvier 2014

de la nuit

"J'attends la nuit, mais pas pour oublier, je vais pouvoir penser n'importe comment à tout."

James Sacré

mardi 14 janvier 2014

un lieu sûr

"Car, c'est une certitude, il y a aussi en chacun un lieu de délivrance à chercher ou à bâtir, (...),  une grande demeure où le repos reconstruit l'émerveillement"

Jean-Christophe Ribeyre lisant Gilles de Obaldia 
dans Écrit(s) du Nord n° 23-24

mercredi 8 janvier 2014

enfance #1

des enfants aux blessures intactes
continuent de pleurer 
dans nos grands corps d'adultes

dimanche 22 décembre 2013

notes sur l'écriture #2

Etonnant comme l'écriture sur tablette n'est pas aussi fluide que sur papier stylo en mains ou sur le bon vieil ordi au clavier géant en comparaison, surtout si on tient aux accents et à la ponctuation.
Sans que je m'explique pourquoi, la prise en note de concepts ou d'idées complexes me semble plus ardue que sur papier. J'ai une hésitation avant de me lancer et mon corps (car c'est le corps qui ressent cela) se dit qu'avec un stylo ce serait mille fois plus simple et rapide. Est-ce parce qu'à la saisie sur tablette la mains se décompose en doigts qui tapotent sur leur coin d'écran et les mots en lettres ? Et que le raisonnement semble se dissoudre dans cette décomposition ? Est-ce tout simplement par manque de pratique ? 
De fait lorsque je balaie mon hésitation et me lance (parce que je ne vais multiplier les supports de ma prise de note), j'y arrive au final tout aussi bien.

jeudi 19 décembre 2013

Quotidien #1

Nous musiquons couteaux contre tasses à café et pots de confiture sur la scène du petit déjeuner. C'est le thermos qui rend le plus joli son.