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lundi 11 mai 2015

Nouveau livre singulier : On va loin




On va loin
poème manuscrit avec trois encres originales de Namo
7 pages accordéon, couverture cartonnée, contrecollée papier doré et lamali
exemplaire unique

lundi 4 mai 2015

En lisant... Avec dessus dessous de Jany Pineau

Non je ne travaillerai pas / A l'infini // Les mots // Ne les plierai pas / Ne les courberai pas / Ne les casserai pas / Même si pas assez beaux (...) 

Dès la première page, tout est dit et le lecteur apprécie. Il salue d'un sourire ce premier poème car dès lors, il sait qu'il s'agit d'une affaire entre les mots, le poète et la page et que lui, donc, peut rester tranquille à sa place de lecteur.
Dans le livre de Jany Pineau, les mots et le poème deviennent mille petits personnages. On y croise les mots balayeurs qui sortent des paquets de noir, les mots poison à mastiquer longuement, les mots durs et les mots doux, des mots d'occasion aussi qui ne coûtent pas trop cher....
Il émane de ces textes une énergie, une liberté... et l'envie de prendre soin de soi. Et là vous vous dites n'importe quoi ! Et bien moi, je me demande plutôt depuis combien de temps je n'ai pas lu un livre que me donne envie de m'écouter et m'occuper de moi ? 

 Se faire un cadeau. S'écrire un tout petit poème, rien que pour soi. Se pardonner de ne pouvoir mieux dire. Non pas creuser là où ça fait mal, mais caresser, être à la surface des mots (...) 

Tenir tête / Tenir bon / Tenir à soi / Tenir l'écriture

Je veille. En silence. Et je sais pourquoi.

Jany Pineau sait pourquoi elle écrit et pourquoi elle écrit ce qu'elle écrit. Le lecteur l'entend en lisant : Je raye les mots jolis. Je les veux nets et précis.
 
Pas de tergiversation feutrée, pas de fausses hésitations ni de complaisance dans ses textes. Mais de l'énergie (je l'ai déjà dit mais si un mot devait résumer ma lecture ce serait celui-ci), de la détermination et un gros paquet de bienveillance et cela donne des textes  qui (me) font du bien à la lecture... Il y a du jeu aussi, jeu avec les mots, jeu avec la langue car il ne s'agit pas non plus de se prendre tout à fait au sérieux, mais ce n'est jamais gratuitement, ni au détriment du sens, ce que d'ailleurs le titre annonce dès le début, prenant le contrepied de l'expression sens dessus dessous.

Il est aussi question d'écrire et de dire (ou se taire, ou encore d'être tue) :
Chercher le taire. Et doucement, à l'ombre de la nuit. L'écouter l'apprivoiser. Le toucher. L'émouvoir. Et l'apprivoiser encore. S'apprivoiser. 

Ces poèmes de rien écrites avec des mots de peu (mais comme dit l'auteur curieux comme le rien ressemble à un tout) font un ensemble tenu qui se moque bien du paraitre, du clinquant et du renom.
 Malgré les fleurs jetés // Sentir l'envasement // Sortir de là // (...) ( N'est pas un poème // Ressemble juste à de la débrouille) (...)

Je laisse son livre à portée de mains. Je sais que je reviendrai y piocher parfois une ou deux histoires de mot quand ce sera un peu trop sens dessus dessous chez moi...

Avec dessus dessous de Jany Pineau
Gros Textes, 2015 - 9 €

jeudi 15 janvier 2015

nouveautés

Mes deux derniers de 2014, écris et fabriqués à la maison :


Une maison et Une affaire de quotidien
8 pages format A6 reliées avec deux agrafes
Couverture calque et encre de chine
Nombre d'exemplaires indéterminé

mardi 6 janvier 2015

enfance #12

les mots de l'enfant sont sauvages dans sa bouche 
cela donne à ses phrases une poésie dont nous ne sommes plus capables
et que je cherche en vain

lundi 19 mai 2014

Lectures #1


Je lis Carnet d'au bord de Sophie G. Lucas (Potentille), cadeau du facteur un matin gris, attendu depuis longtemps. La peau et les mots. Frissons à la lecture. Le corps perd ses mots et, devenu muet, se plie et sombre. Carnet d'au bord, c'est d'abord les notes d'une écriture empêchée. Partie à la campagne chercher plus d'air pour les mots à venir, l'auteur de ce carnet revient en ville plus silencieuse que jamais. Ce sont alors des longues marches où le corps adresse à la nature ses questions muettes, ses doutes sur les choix faits... car avec l'absence des mots, c'est la disparition qui menace. Il y a une lenteur calme et triste dans cette variation sur la perte de ce qui fait soi : ces mots comme une colonne verticale/vertébrale qu'on ne trouve plus. Le "je " de ces poèmes est traversé par l'impossibilité d'écrire, sans épaisseur, sans rien pouvoir faire d'autre, corps et âme concentrés, repliés sur ça. Je lis Carnet d'au bord et la grande simplicité de la langue, le vers dépouillé, réduit à son minimum mais plus ample que ceux auxquels l'auteur nous a habitué, me va bien, comme me vont en ce moment, tout ce qui est bribes, notations et carnets...
Je lis Apaisement de Charles Juliet (POL) et me replonge avec bonheur via le dossier du Matricule des anges (janvier 2014, n°149) dans son parcours. A vingt-quatre ans lorsque je l'avais entendu une première fois, à la bibliothèque où je travaillais alors, ce qu'il disait m'avait laissé de marbre. A quarante ans, je comprends mieux de quoi il parle, je comprends sa quête de lui-même. J'ai appris aussi que ce qu'il se passe à l'intérieur de nous n'obéit pas au temps ni aux règles du monde extérieur et combien il est difficile de faire coïncider/cohabiter les deux...
Je lis Infinis de poche de Romain Fustier  (éditions Henry) et j'ai immédiatement envie de jardin, de fruits et d'aromates. Ses poèmes sont craquants et odorants. Ils bruissent de sensations. Ils nous déplacent au ralenti du présent au souvenir d'enfance, du corps au jardin, du fruit au regard... doux décalages calibrés dans une forme-poème répétée du début à la fin : quinze vers, chacun séparé en son milieu par un espace.